En ce moment, je suis en phase de préparation psychologique.

Mardi matin se tient pour Mr T, la réunion de PPS.

Alors, bien sur, vous ne savez pas ce qu'est un PPS, et bien c'est un projet personnalisé de scolarisation: ce projet définit les modalités de déroulement de sa scolarité et les actions répondant à ses besoins particuliers.

Une équipe pluridisciplinaire d’évaluation se réunit: la maitresse et membres de l’équipe éducative, médicale, paramédicale + le directeur de l'institut (je crois que c'est lui qui m'impressionne le plus). Ils vont faire le bilan de ces 3 mois 1/2 de travail avec Mr T, voir quels sont ses progrés et sur quoi il faudra axé le reste de l'année.

Heureusement la semaine dernière j'ai eu une pré-réunion avec la responsable du jardin d'enfant et l'éducateur de Mr T. Pour discuter de lui et parler de ses progrés. 1h30 de discussion, je soupconne l'équipe du jardin d'enfant de kiffer mon fils: "il nous fait rire" "il est tellement souriant" l'un l'appelle "notre petit rayon de soleil" et l'autre "mon petit ange aux yeux noisette" (il a les yeux vert, mais je n'ai pas osé le contredire). Donc j'ai pu voir un peu ce que sera la matinée de mardi.

Vous me direz, oui, mais de quoi à t'elle peur? Tout ça est positif.

Eh oui, je suis d'accord, j'aime quand on me dit que d'habitude les enfants ne font pas autant de progrés en si peu de temps. Apres, il ne faut pas oublier que Mr T est, certes handicapé, mais il est aussi celui qui a le handicape le plus léger de tout les enfants de l'institut, je pense qu'ils sont heureux de voir une petite pile électrique pleine de vie. Et ce qui me fait peur (voilà, on y vient) c'est qu'a les entendre, chacun leur tour, détailler tous ses progrés, comment je vais faire pour retenir mes larmes.

Je suis tellement fière de mon petit guerrier. Et je m'étais tellement préparer à ce qu'il ne marche pas et ne puisse pas être scolarisé. J'ai tout le temps 2 phrases qui me reviennent en tête, la première à été dite par le chirurgien cardiaque après la premier opération de Tristan "Préparez-vous, il ne passera pas la nuit" et la deuxième dite par le neuro chirurgien après son hémoragie cérébrale "il est possible qu'il ne marchera jamais, qu'il ne parle pas et qu'il ne puisse pas être scolarisé". Et dès que mon fils fait quelque chose de nouveau, des choses banales, comme se servir de sa fourchette et de son couteau pour couper un ravioli en deux, ou se relevé après avoir ramassé un objet par terre, ces phrases me reviennent comme des boomerangs, et je pleure...de joie.

Alors me retrouvée en face de 9 personnes pour parler de lui, j'avoue, j'angoisse, surement pour rien, mais c'est comme ça.

Bien sur, je viendrai vous racontez.

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Bon week end